Traditions

La date du 11 novembre avait de l’importance car elle se situait à un  changement de saison, à un changement de cycle liturgique, à la fin du cycle agraire. Madame Yvonne de Sike, Maître de conférences au Musée de l’homme, remarque dans son ouvrage Fêtes et croyances populaires en Europe que la Saint-Martin précède de quarante jours le solstice d'hiver, définitivement confondu avec les fêtes de Noël. Suivant celles-ci à quarante jours de distance, la Chandeleur (2 février) lui fait pendant.
Pour l’Eglise, seul l’Apôtre des Gaules, enterré à cette date, pouvait occuper cette place importante dans l’année.

Charlemagne, dans des capitulaires*, rendit  obligatoire le Carême qui commençait à la Saint-Martin et spécifia que cette fête faisait  partie des fêtes d'obligation (810-813).

C'est sous le signe de Saint Martin et Saint Hilaire que Clovis plaça sa victoire de 507 et dès le VIIe siècle, Martin était  devenu le patron de la monarchie franque. Sa cape (capella)  que les rois  conservait dans leur oratoire privé  leur servait d’étendard  et leur rappelait leurs devoirs : le roi doit  imiter saint Martin : servir  Dieu et son peuple  avec la même charité que celle manifestée par le saint à Amiens. Il doit respecter la vie de ses ennemis et ne pas craindre de verser son sang et devenir martyr.

 

*(actes législatif  de gouvernement. C’est sous cette forme qu’il rédigea ses instructions aux missi dominici et les règlements destinés à la gestion de ses domaines)