Histoire de la Chemise de la Vierge

Pour tout le monde, la relique était la chemise que Marie portait le jour de l’Annonciation et de la Nativité.
Lors du grand incendie qui détruisit l’église romane en 1194, elle fut sauvée des flammes par des clercs qui la mirent à l’abri dans la crypte.
La « chemise » figurait dans les armoiries du chapitre de la cathédrale dès le XVIe siècle, elle était représentée sur les médailles et enseignes qu’achetaient les pèlerins en souvenir de leur venue à Chartres. Sur l'enseigne ci-contre, deux clercs transportent la châsse d'une relique, où apparaît la chemise de la Vierge ; en dessous, au milieu, une pièce de monnaie chartraine.

La châsse ne fut ouverte qu’en 1712, car le bois en était vermoulu et on craignait pour l’état de la relique. On découvrit alors qu’il ne s’agissait pas d’une chemise mais d’une longue pièce de tissu de soie blanche écrue, unie, sans broderie ni couture, de 530 cm de long sur 46 de large. Sa fabrication très archaïque pourrait remonter au Ier siècle. Elle fut donc appelée dorénavant « Voile de la Vierge ».

En 1793, les révolutionnaires ouvrirent à nouveau la châsse qu’ils dépouillèrent de ses joyaux et découpèrent la relique en plusieurs morceaux que les personnes présentes se partagèrent.

Après la Révolution, plusieurs morceaux furent récupérés par l’Église de Chartres. Le plus long morceau de 212 cm de long sur 46 de large, fut placé en 1876 dans une « monstrance » qui est actuellement exposée à la vénération des fidèles, dans la chapelle des martyrs dans le déambulatoire de la cathédrale.