Le boeuf et le lion

Au dessus des portails, on peut être surpris par la présence d’animaux qui ne sont pas des gargouilles et qui sont postérieurs au Portail royal. Ils reposent sur des pilastres, juste en dessous de la grande rose.
Le récit de la construction du temple de Jérusalem (2 Chr 3, 17 et 1 Rois 7, 21) pour abriter l’Arche d’Alliance, nous apprend que Salomon fit ériger deux colonnes à l’entrée du Temple. Il appela celle de droite Yakin, ("il a établi") et celle de gauche Boaz, (en lui la force). Le bœuf et le lion en sont la forme imagée. Comme le temple de Jérusalem l’était, cette cathédrale est la Maison de Dieu, du Très Haut. On affirme ainsi la filiation de la seconde Alliance à l’égard de la première.
Le lion pose ses pattes griffues sur une tête humaine et semble vouloir lui ouvrir les yeux. Cette bête dévoreuse s’apparente à la Tarasque de Noves, sculpture funéraire gauloise, liée au passage dans l’autre monde, donc à la Résurrection pour les chrétiens, lumière finale qu’ils verront dans le Royaume de Dieu.
Ces deux animaux rappellent aussi ce qui était suggéré à la baie de droite avec la Nativité : la stabilité (Poissons) et la force (Gémeaux), caractéristiques de l’homme dont Dieu a partagé la condition.