cathédrale de chartres
 

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Les vitraux de la façade ouest rénovée

" Très anciennement, on avait joué au ballon et à la balle dans les églises au moment de Pâques. Jean Beleth, un théologien de l’Université de Paris, qui vivait avant 1165, dit qu’on jouait à la balle et au ballon dans la cathédrale d’Amiens, où l’évêque lançait la pelote, et aussi dans la cathédrale de Reims.
A Auxerre, la fête du ballon pascal remontait au moins à l’année 1396, car à la date du 13 avril, on trouve dans les archives du Chapitre de la Cathédrale Saint-Etienne, un règlement (ordinatio) pour la cérémonie de la présentation du ballon.

D’après un vieux manuscrit, reproduit en partie par Ducange, vers une heure et demie de l’après-midi, le chanoine, nouvellement reçu, se présentait, portant le ballon sur la poitrine, le remettait, par les soins d’un diacre ou d’un clerc, au doyen. Celui-ci, paré de son aumusse fourrée, dont il se couvrait la tête, appuyait le ballon contre sa poitrine, de la main gauche, puis saisissait par la main le chanoine le plus voisin et ouvrait une danse sacrée, suivi des autres chanoines se tenant par la main et formant une ronde joyeuse, une vraie farandole au milieu de la nef de la cathédrale.

Alors le doyen entonnait la prose si populaire du Victimæ paschali laudes, Immollent Christiani, qui, suivant la tradition, serait l’oeuvre d’un chroniqueur allemand, Wippo, originaire de Bourgogne, chapelain de l’empereur d’Allemagne.
Accompagné à l’orgue, le chant très rythmique, se déroulait en même temps que la farandole. A un moment donné, les danseurs se rapprochaient et stationnaient sur le dedalum « le dédale ».  On appelait ainsi une sorte de labyrinthe, formé d’une façon savante et compliquée par des lignes noires, figurées sur le dallage. Au milieu du cercle, des chanoines et des invités, dansant et chantant les répons rimés de la prose :

                Die nobis Maria
                Quid vidisti in via.
                Sepulcrum Christi viventis.
                Et gloriam vidi resurgentis.

se tenait le doyen du Chapitre, seul au centre du labyrinthe. De là, il jetait le ballon aux chanoines, qui le renvoyaient de la main ou du pied avec une véritable adresse. Rien n’était, du reste, plus original que cette compagnie de chanoines, la tête couverte de leurs aumusses, dont les queues fourrées, agitées par la danse, tournoyaient dans l’air, courant, sautant, chantant, tandis que la pelote, jetée et renvoyée à coups de pied et à coups de poing, bondissait d’un pilier à l’autre."

Georges Dubosc - Extraits

Pour lire l'article complet : http://www.bmlisieux.com/normandie/dubosc22.htm